Cette page examine les thèmes mines spatiales et
vaisseaux lourds pour évaluer leur caractère prophétique et se forger
une opinion quant à la probabilité d'en voir le scénario se
concrétiser.
Sociétés de droit anglo-saxon, aujourd'hui éteintes, dont la seule activité déclarée était l'exploitation minière des astéroïdes.
En anglais souvent
Le 29 janvier 2025, les revues Nature et Nature-Astronomy publient leurs conclusions après étude des échantillons prélevés sur Bennu. Un premier article décrit la présence de sels issus d'une saumure ancienne dont l'eau s'est sublimée. Un deuxième article évoque des quantités d'azote15, originaire de la partie lointaine du disque protoplanétaire. 14 des 20 acides aminés constitutifs des protéines et d'autres moins signifiants. D'importantes bases nucléiques qu'on retrouve dans l'ADN et l'ARN sont présentes (adénine, cytosine, thymine, guanine et uracile).
Les missions de surveillance et de déviation DART et ERA sont dans cette section de la page Astéroïdes.
Soutenabilité de la consommation actuelle des métaux.
L'estimation du temps avant épuisement varie d'un métal à l'autre mais aussi d'une publication à l'autre. Les réserves précises sont déjà difficiles à chiffrer en volume. En années de consommation, le calcul se complique de facteurs comme le recyclage, le remplacement par d'autres métaux, croissance économique, démographique...
Pour ne pas y passer trop de temps, les liens listés ci-après sont des pages de synthèse ou d'information générale sur l'état des ressources ou de risque encouru après épuisement. L'année précise du peak n'a pas grande importance, d'autant plus que celui-ci se matérialise par la forte inflation du prix qui est le véritable visage d'une pénurie prochaine.
Pour mieux comprendre la complexité de ce calcul, cette page de l'ADEME se révèle
précieuse.
On voit que les dates ne correspondent pas toujours mais il ressort de l'ensemble que plusieurs pénuries sont déjà à l'oeuvre. La hausse des prix explique l'exploitation de gisements plus pauvres qu'auparavant et justifie des exploitations plus coûteuses au prix de nuisances accrues sur l'environnement.
Les tensions sur l'approvisionnement en lithium pourraient se résorber rapidement. Les batteries sodium-ion sont déjà produites en quantité par les Chinois CATL, Hina et BYD. Le britannique Faradion est champion mondial dans le stockage d'énergie stationnaire et les véhicules légers (voiturettes). En France, la startup Tiamat Energy devrait commencer sa production fin 2025 et l'américain Natron Energy fait durer ses batteries plus d'un siècle.
Les gisements terrestres proviennent pour partie des astéroïdes tombés lors du grand bombardement tardif, alors que la croûte terrestre était suffisamment refroidie pour empêcher leurs métaux de « couler » vers le noyau terrestre.
Les gisements dit "telluriques" proviennent quant à eux de la boule de lave initiale qui a vu sa différentiation gravitaire contrariée par des contre-courants de convection. Ces forces sont encore à l'oeuvre aujourd'hui lorsque le magma remonte à la surface avec force, souvent à la faveur d'un traumatisme de la croûte, typiquement en zone de subduction tectonique. Les gaz du sous-sol sont généralement sous forte pression, soit parce de grandes quantités d'eau ont été vaporisées, soit à la suite d'une autre réaction chimique.
Le phosphore est un élément irremplaçable qui
entre dans la composition de l’ADN, des cellules et des os. Chaque
humain sur Terre en consomme quelques grammes par jour pour assurer
ses fonctions vitales et le restitue dans ses excréments à l’instar de
tous les êtres vivants de la planète.
Les gisements de phosphore ont une origine biologique, l’oligo-élément
est quasi impossible à extraire de la croute terrestre sous sa forme
géologique à cause de sa concentration infinitésimale.
La culture intensive a accru la pression sur les gisements
disponibles, issus de sédiments où des animaux ont vécu pendant des
millions d’années durant lesquelles leurs déchets se sont accumulés.
Ainsi la vie dépend-elle de cette ressource limitée dont la pénurie
pourrait remettre en cause l’écosystème terrestre dans son ensemble
d’ici à la fin de ce siècle.
Le phosphore est présent un peu partout dans la croûte terrestre, à concentration infime. Il est donc très coûteux, voire impossible de l'extraire si les bactéries ou des animaux ne l'ont pas "métabolisé". L'ONU a classé le phosphore parmi les matières minérales critiques.
On trouve du phosphore dans les astéroïdes de classe M (métalliques) et C (condrites carbonnées).
Le problème s'épaissit si on considère que les cultures vivrières se développent pour produire de l'énergie en plus de la nourriture. Notre consommation de pétrole est telle que le recours massif à l'huile d'algues ou aux oléagineux (colza, palme, ...) pourrait mener à une pénurie d'un genre nouveau, menaçant la vie dans son ensemble.
La Lune est une destination préalable à tous les types de programmes spatiaux. Qu'il s'agisse de Mars, la ceinture principale ou toute cible encore plus éloignée, des avancées technologiques majeures sont à espérer pour qui ne veut pas réitérer l'exploit d'Apollo et l'abandon qui l'a suivi. Parmi ces avancées, on peut citer l'assemblage de vaisseaux en milieu spatial comme le plus crucial. En effet, au-delà d'une durée de voyage donnée, les stocks de nourriture, la protection contre les radiations, les pièces détachées et matériels de santé deviennent trop lourds pour décoller de la Terre. Starship démontre que les masses au décollage de notre planète culminent vers les 200 tonnes, charge au-delà de laquelle les astronefs auront toutes les peines du monde à transporter leur combustible.
Starship lui-même aura besoin de 7 à 8 ravitaillements en orbite pour pouvoir atteindre la Lune ou Mars et, bien que construit en acier, on voit bien que sa masse au décollage nécessite de nombreux renforts de structure pour ne pas plier sous son propre poids.
La Lune offre certains matériaux en abondance et une gravité si
faible qu'il serait bien moins coûteux de ravitailler l'ISS depuis sa
surface que depuis la Terre. Les dépenses en combustibles seraient de
5820 m/s
contre 8600 m/s
respectivement.
Or, il n'y a quasiment aucune limite à la masse d'un astronef assemblé en orbite lunaire. Celui-ci pourrait dépasser le million de tonnes et se contenter d'une propulsion électrique pour rejoindre une destination plus lointaine tout en profitant d'une très puissante fronde gravitationnelle par le seul déplacement de la Lune autour de la Terre.
De loin, la réalisation technique la plus aboutie qui ait jamais été développée sur l'internet concernant l'exploitation minière des astéroïdes. C'est une applet java dont la réalisation représente des années de travail.
Asterank, position réelle des principaux
astéroïdes
Un objet brave les règles de circulation dans le système solaire en navigant à contre-courant, tant des autres petits objets que des orbites solaire et point Lagrange de la géante gazeuse. Il ne cesse d'émouvoir les astrophysiciens. Probable noyau cométaire éteint, on lui a consacré de nombreuses observations dont on peut lire une synthèse ici.
Asterank : Un projet colossal pour un résultat à la fois spectaculaire et édifiant sur notre voisinage spatial. Bonne contemplation.
2025 : Le site Asterank commence à prendre de l'âge. De nombreux liens donnés dans ses références mènent à des erreurs 404 (page introuvable). Néanmoins, les bases de données sont mises à jour.
L'application garde tout son intérêt par son interface graphique. En revanche, la pertinence de ses calculs s'avère spéculative. Les valeurs en dollars peuvent être absurdes pour certains types. Pour autant, la présence de platine est mentionnée et possiblement crédible, les métaux qui accompagnent le platine ayant une longueur d'onde discernable par spectroscopie. On peut regretter que l'exploitation minière des astéroïdes soit passée de mode depuis la création de l'application. Ceci dit, les programmes scientifiques pour y parvenir se portent très bien, l'effet de mode ayant une influence plutôt négative pour une recherche s'étalant sur des décennies.
Le focus de la mode se porte maintenant sur les prouesses des lanceurs de fusées qui iront là où la décision gouvernementale les emportera. Or, la quète de matières minérales ne risque pas de faiblir et les cours des métaux critiques (notamment platinoïdes, lanthanides, ...) continueront à justifier des missions de plus en plus ambitieuses. La valeur des astéroïdes dépend du matériel disponible pour se rendre à leur surface. On est donc face à un "effet ciseau" où la valeur des métaux croît tandis que les coûts d'accès aux ressources diminuent. Or, l'accès à l'espace domine désormais l'attention, si bien qu'on peut s'attendre à un retour du minage d'astéroïdes dans le désir collectif, lorsque les engins permettront de les atteindre à un coût raisonnable.
Il est donc tout à fait pertinent de s'intéresser au développement des moyens astronautiques pour établir la "Preuve de concept". Pour arriver à exploiter sérieusement des mines extra-terrestres, il faut des engins spatiaux et robots agiles et bien sûr, des fusées pour les envoyer en espace profond. Voyons donc de quoi sont faites les dernières avancées dans ces domaines.
L'actualité du lancement spatial est très fournie, mouvante et prend une tournure géopolitique de plus en plus marquée. Le lancement des constellations internet, la création d'une force armée spatiale indépendante par les USA et l'annonce française d'extension de la mission de son armée de l'air au spatial donnent le ton. La capacité à envoyer des charges en orbite touche désormais à la souveraineté des états.
Conséquence, au point de vue de la politique intérieure, les décisions stratégiques relèvent désormais du sommet de l'exécutif. Les ministères de l'industrie ou de l'éducation sont mis au second plan. En ce qui concerne Ariane, le choix de ne pas certifier le lanceur pour le vol habité provenait d'un ministre de l'éducation. Compréhensible à ce niveau, cette décision a néanmoins eu pour conséquence d'écarter les européens des vols habités vers l'ISS au profit de Soyouz.
SpaceX est à l’avant-garde et crée des précédents. L'arrivée de Starship rebat les cartes de sorte qu'il est quasi impossible de prédire quelle activité a des chances de faire le poids dans la compétition. Plus généralement, ce sont les fortunes de l'internet qui investissent massivement le secteur spatial avec des moyens souvent supérieurs à ceux des nations non-américaines. Le projet Blue Origin de Jeff Bezos suit une progression plus régulière. Son nouveau lanceur lourd New Glenn a réussi son premier vol tandis qu'il prépare un module d'alunissage pour un équipage mais aussi pour des charges cargo.
Les industries spatiales classiques profitent quand même des années de recherche à bas bruit de l'époque qui s'achève avec la fin annoncée de la Station spatiale internationale en 2024 (reportée à 2029 depuis). Une mise à jour agressive des lanceurs s'impose pour accompagner les projets à venir.
Alors que les lanceurs Falcon 9 et Falcon Heavy connaissent un succès qui aurait sans doute suffi à ses concurrents, SpaceX annonce un renouvellement de sa gamme de lanceurs.
Le projet martien (illustrations) et les vols habités en général ont orienté sa recherche vers une plateforme dont la conception rompt drastiquement avec la tradition.
Un look de fusée de Tintin ou de comics SF des années 50, le Starship s'annonce comme l'engin le plus réutilisable de l'histoire. Le constructeur précise que son coût à l'utilisation sera inférieur à celui de sa première petite fusée, le Falcon 1.
Starship est un énorme vaisseau dont le diamètre atteint 9 mètres contre 5 habituellement. Sa puissance est suffisante pour décoller et atterrir mais elle ne suffit pas pour atteindre l'orbite, ni pour s'échapper de la gravité terrestre. Un premier étage (booster) nommé "Super Heavy" est nécessaire pour les vols au delà du sub-orbital.
Starship s'offre une nouvelle motorisation : le Raptor, succédant au Merlin de la génération Falcon et dont le développement a été co-financé par l'US Air Force. Le Raptor utilise du méthane liquide à la place du kérosène des Falcon. Elon Musk a écarté l'hydrogène. Liquide aux températures proches du zéro absolu, le gaz s'évapore à -252° C et doit être purgé des réservoirs au moindre contretemps lors du compte à rebours. Ce qui est évidemment impossible à faire si Starship est stationné sur la Lune ou sur Mars.
Le méthane a l'avantage de se liquéfier à -161° C, une température voisine de celle de l'oxygène liquide (-183°C). L'utilisation du méthane comme combustible de fusées est une rupture technologique majeure que SpaceX partage avec son homologue Blue Origin.
Le méthane et le kérosène liquides stockent moins d'énergie que l'hydrogène à masse égale, mais SpaceX a toujours mis la réduction des coûts au sommet de ses priorités. L'hydrogène, trop froid au stockage et trop chaud à la combustion, renchérit les coûts de lancement et fragilise les métaux avec lesquels il est en contact. Le méthane peut rester stocké indéfiniment à des températures plus "amicales". Il brûle à moins de 2 000° C (contre 2 800° pour l'hydrogène), ne corrode pas son réservoir ni les tuyaux qui l'acheminent. Constitué d'un atome de carbone saturé par 4 atomes d'hydrogène, sa densité énergétique par unité de volume est bien meilleure. Autrement dit, un lanceur propulsé par du méthane est un peu plus lourd mais nettement plus petit qu'avec l'hydrogène liquide.
Enfin, lorsqu'un départ de fusée est annulé, il n'est pas nécessaire de purger le réservoir. Il suffit de collecter le gaz qui s'évapore et de le remplacer par du combustible liquide. Cette opération nécessite des cuves et des pompes électriques situées sur le site de décollage en consommant de l'électricité vraisemblablement d'origine solaire lorsque le départ a lieu hors de la Terre.
Comparaison des lanceurs dont la charge utile dépasse 45 tonnes.
Source image : Thorenn, CC BY-SA
4.0 via Wikimedia Commons
Les lanceurs peu connus ont été effacés.
SpaceX a changé la donne. On est tenté de penser que les autres constructeurs sont K.O. Pourtant, l'Europe et les autres puissances spatiales ont déjà réagi et la question n'est pas tranchée.
Ariane 6 ne répond pas suffisamment au défi lancé par Falcon et Starship. Le constat fut tardif mais les réponses se dessinent. Le partenariat Européen sur le programme Artémis inclut la fabrication du module de service de la capsule américaine Orion. Il est dérivé du module habitable ATV qui servait au ravitaillement cargo de la Station Spatiale internationale. Le futur module de service européen scelle un partenariat enviable entre les deux continents.
Deux innovations majeures, réussies par SpaceX, font par ailleurs l'objet de développements européens sous l'appellation "Ariane Next" :
Les ambitions des deux grands pays asiatiques sont à la mesure de leur développement. En Chine, la gamme de lanceurs Longue Marche (LM) est très vaste. Après avoir expérimenté de nombreuses architectures, la Chine dispose depuis 2020 du lanceur LM 5, proche d'Ariane et Falcon 9 en termes de charge utile (23 tonnes) et de LM 7 certifié pour le vol habité. Un lanceur super lourd, LM 9, en phase finale de développement, devrait voler en 2030.
Le programme spatial chinois mérite bien plus
d'attention que ce site ne lui en porte. L'histoire d'Attention à
Fred étant fortement corrélée aux programmes spatiaux occidentaux,
lesquels ont servi à documenter l'univers technologique du livre,
l'histoire profondément disruptive du spatial chinois n'y est pas
représentée à hauteur de son importance dans le monde. Aucun pays
n'est mentionné explicitement dans le roman qui se déroule à la fin
du 21eme siècle. Nul ne sait à quoi ressemblera le monde à ce
moment. L'auteur, authentique occidental, n'a pas de grandes
connaissances sur la Chine et ne peut se risquer à spéculer sur la
pensée, la culture et l'ambition d'un pays qu'il connaît mal. Il en
va de même pour l'Inde, une autre puissance spatiale capable
d'héberger de grandes et belles histoires de fiction. Histoires qui
seront écrites par des auteurs compétents dans ces cultures
respectives.
La station Lunar
Gateway sera assemblée en orbite lunaire dans le cadre du
programme Artemis. Comme on peut le voir sur cette image de l'ESA,
l'Europe participe activement à sa construction.
Image Wikipedia
Héritière de la Station Spatiale, la station Lunar Orbital Platform- Gateway, ou Lunar Gateway, en orbite lunaire sera lancée en 2027.
Le projet réunit notamment les Etats-Unis, l'Europe, le Japon, le Canada... L'esquisse de la nouvelle station semble un hybride entre Mir et l'ISS. SpaceX est absent du tour de table des constructeurs.
Impossible pourtant de se passer de SpaceX pour un grand programme en espace profond. C'est donc en tant que "sous-traitant" incontournable que le constructeur dimensionnera le projet.
Le 20-04-2021, la NASA alloue 2.89 milliards de dollars à SpaceX pour faire de Starship son véhicule alunisseur.
Le projet martien d'Elon Musk, limité par l'absence de leadership international, devra attendre son tour. Contrairement à Artemis dont le financement et les collaborations sont déjà actés, l'objectif d'envoyer des astronautes sur Mars n'est ni financé, ni même soutenu par une agence spatiale.
La station circum lunaire devrait se construire en
parallèle bien que la priorité soit désormais de faire alunir un
immense starship dont l'équipage peut largement dépasser les dix
astronautes.
A début 2020, le ravitaillement de Lunar Gateway (LOP-G) serait assuré par une capsule Dragon "XL" de SpaceX, lancée par un Falcon Heavy. Les modifications du Dragon actuel porteraient sur la quantité de combustible et les capacités de manoeuvre de la capsule.
Le programme Artemis prévoit l’installation pérenne d’un équipage sur le sol sélène, les « séléniens », mais également la création d’une station en orbite lunaire nommée Lunar Gateway (anciennement Lunar Orbital Platform). Cette station est une clé logistique fondamentale pour assurer le transit des humains et du matériel mais également vers la poursuite de l’occupation de l’espace par l’espèce humaine.
Son rôle primordial consiste à offrir un refuge aux équipages en transit entre la Terre et la colonie sélène.
L’histoire rappelle que les missions Apollo postaient un astronaute en orbite lunaire à bord du module de service dont la fonction était d’assurer le voyage retour vers la terre avec le combustible nécessaire pour s’arracher à l’orbite lunaire et contrôler le voyage jusqu’au largage de la fameuse capsule de rentrée atmosphérique.
Evidemment, si le programme Apollo avait eu lieu en 2020, il n’aurait pas été nécessaire de laisser un humain aux commandes de l’astronef mais les années 60’ étaient celles de l’après-guerre. Les systèmes de guidage automatiques n’étaient pas assez performants pour leur confier la vie d’un équipage. Seul un pilote entraîné à cette tâche le pouvait. Les temps ont bien changé…
Lunar Gateway se voit donc confier le rôle essentiel de parquer les véhicules voués à faire la jonction entre les orbites des deux planètes.
Ces véhicules n’ont rien à voir avec la surface des planètes et n’ont donc pas besoin d’une propulsion chimique très puissante. Au contraire, ils s’accommodent bien de moteurs ioniques à effet Hall, moins puissants que les moteurs de fusée mais bien plus économes que ces derniers à service rendu comparable.
Pour placer une fusée en orbite autour de la Terre,
il faut un delta-V de 8
600 m/s.
Pour passer de l'orbite terrestre à la Lune, il faut un delta-V
supplémentaire de 4 100 m/s
.
Enfin, pour aller de la surface lunaire à son orbite ou inversement, il
faudra trouver assez de combustible pour impulser 1 720 m/s
.
Les vaisseaux qui accueilleront les extra-terriens sont trop lourds pour décoller d’une planète en un seul bloc. Ils sont donc assemblés dans l’espace à partir d’éléments lancés séparément et - in fine – construits au moyen de matériaux de plus en plus primitifs à mesure de l’outil industriel déployé dans l’espace montera en capacité de transformation. La station Lunar Gateway est donc le précurseur des premiers chantiers capables de construire des vaisseaux lourds.
Quels que soient les objectifs annoncés par les fabricants, ces nouveaux lanceurs sont multi-rôles et peuvent évoluer vers des missions pour lesquelles ils n’ont pas été conçus au départ. Autrement dit, si le retour des américains sur la Lune en 2024 est un succès, il est probable que l’industrie mondiale se tourne massivement vers l’établissement d’un habitat lunaire. Cet effet de levier est caractéristique de l’évolution qui mènerait l’humanité dans des régions où les vaisseaux lourds sont indispensables. Car les missions « planétaires » sont peu nombreuses… S’établir durablement sur la Lune ou sur Mars est un développement majeur dont la portée philosophique est immense, mais il faudra rapidement donner une orientation à ces colonies, au-delà de leur mission primordiale qui consiste à « survivre ».
Or, les débouchés sont rares. Pour autant, la Lune offre une perspective d'exploitation minière et fournit une surface (foncière) propre à héberger des moyens industriels pour purifier le minerai, mais aussi un puits gravitationnel pour satelliser un port d'avitaillement vers la Terre. Mars, en revanche, pèche par une gravité deux fois supérieure et une atmosphère propice aux tempêtes qui compromettent le transport sol/orbite. En outre, son éloignement n'aide pas. Les fenêtres de lancement vers la Terre y sont rares (tous les 24 mois). Ceci dit, la découverte d'un minéral critique exploitable dans son sous-sol pourrait balayer toutes les objections. Si on trouve platinoïdes, lanthanides, or, argent, paladium, rubidium (...) sur Mars, leur exportation peut justifier des infrastructures, à fortiori si une communauté humaine y est déjà installée et possède déjà la logistique de transport. Le personnel humain étant la ressource la plus précieuse dans ce dernier cas.
C'est lorsque l'échange de matières premières planétaires devient routinière que les astéroïdes apparaissent à même de fournir les matériaux constitutifs de grands vaisseaux spatiaux miniers capables de prospecter des millions de sites en s'affranchissant de toute gravité. Mais les voyages sont longs, la nourriture cruciale, la santé des astronautes précieuse, les besoins imprévisibles et les naufrages probables... Justifiant d'autres vaisseaux de backup. Tout cela demande du stock, des cultures vivrières, des machines-outils, des navettes d'intervention sur site, bref, de la logistique. Une structure capable de réunir tout cela est bien trop grosse pour décoller d'une planète en un seul bloc.
Si l'humain est capable d'improvisation, le matériel a ses propres impératifs. Ces structures sont donc mobiles et lourdes. Pour les construire, les astéroïdes apparaissent comme une étape incontournable où trouver de nouvelles ressources minières dont l'exportation vers l'espace est à l'échelle du besoin : en millions de tonnes.
Rechercher sur Google les derniers articles : Exploitation Minière des astéroides
Série d'articles, nouvelles et références littéraires signée Pierre-Jérôme Delage sur les mines spatiales.
Démonstration de l'inéluctabilité du scénario par élimination des alternatives
L’humanité a vécu le plus clair de son histoire en ignorant l’existence d’autres planètes, puis en imaginant des mondes qui ressemblaient au sien, peuplés d’extra-terrestres exotiques qui n’attendaient qu’un émissaire terrien pour qu’une relation s’engage. Les sondes spatiales ont mis un terme brutal à cette perspective ainsi qu’au postulat selon lequel nous pourrions y séjourner facilement. Ainsi prit fin l’espoir d’un autre monde assez hospitalier pour y vivre comme sur Terre.
Venus, notre planète jumelle, présente un environnement d’une rare hostilité pour nos enveloppes corporelles. Mars et Titan constituent donc les seuls points de repli compatibles avec nos morphologies. De là à s’y installer, il y a un pas coûteux dont on peine à voir l’intérêt si ce n’est de sauver quelques humains en cas de destruction totale de la Terre.
Malgré l’incroyable technologie que nous savons mettre en œuvre pour visiter d’autres mondes, nous n’y avons trouvé que déserts à peine plus attrayants que le milieu spatial lui-même. La recherche effrénée de vie microbienne sur Mars et Ganymède est le reliquat un peu désespéré de l’ambition que nourrissaient nos ancêtres à l’endroit de nos voisines.
Les autres planètes raisonnablement proches de leurs étoiles sont situées à plusieurs années-lumière et le temps pour s’y rendre se compte en siècles. Que faire de notre désir légitime de trouver un havre où vivre au-delà de l’atmosphère terrestre ? Quelles sont les options crédibles pour s’installer ailleurs ?
Où qu’elle se trouve, une Terre d’accueil est si lointaine que plusieurs générations seront nécessaires avant d’y parvenir. Imaginons qu’un groupe d’humains tente l’aventure et envoie sa descendance visiter un monde présumé hospitalier. Que penseraient les voyageurs à leur arrivée à destination ? Auraient-ils encore quelque désir de visiter un monde dont ils ignorent tout plutôt que continuer à vivre sur leurs vaisseaux comme le faisaient leurs parents ?
Une partie au moins des colonisateurs renoncera à changer de vie pour une planète incertaine si leurs vaisseaux sont assez confortables pour y vivre correctement. Tout au plus, iront-ils chercher des matières premières pour réparer ou agrandir leurs vaisseaux afin de continuer à y vivre et développer leur civilisation.
Quoiqu’il en soit, le vaisseau est donc la clé de tout voyage spatial lointain et les voyageurs seront plus enclins à l’améliorer et en fabriquer de plus modernes qu’à émigrer vers un monde probablement dangereux car propice à la vie et donc aux pathogènes et aux prédateurs. D’autant plus qu’une planète comme la Terre présente une gravité telle qu’il est très difficile d’en repartir.
Auront-ils vraiment le choix ? Quelle chance avons-nous qu’une planète présente autant de caractéristiques improbables que la Terre pour protéger nos cellules des radiations, nous permettre de respirer, de voir, d’entendre, de manger, de survivre aux perturbations climatiques ? Même s’il y a beaucoup d’étoiles visibles, nous ne pouvons pas espérer aller au-delà de quelques millions d’années-lumière avant que le refroidissement de l’univers commence à devenir préoccupant (!). Quelle alternative sérieuse peut-on espérer hormis des vaisseaux capables de nous héberger et de nous déplacer ? Y a-t-il seulement une autre possibilité ?
Le vaisseau géant, n’est pas une spéculation fantaisiste, il est la seule alternative crédible à la Terre en tant qu’habitat à long terme.
Une fois ce point établi, où irons-nous chercher les ressources dont nous avons besoin ? Sur une planète à forte gravité ou dans de petits corps où les matières premières sont les mêmes quoique plus faciles d’accès ?
Dès lors, peut-on raisonnablement dire que le contexte d’Attention à Fred a la moindre chance de ne pas se produire ? Quelle alternative pour voyager dans l’espace que de grands vaisseaux conçus pour prendre soin de nos morphologies et quelle alternative pour ces vaisseaux que d’aller chercher leurs matériaux de construction dans de petits corps célestes dépourvus de gravité ?
Aucune !
Une thèse opposée défendue par un grand scientifique affirme qu'un exode vers Mars conditionne la survie de l'humanité. National geographic France lui fait écho dans cet article.
L'article montre quelques failles. Erreurs de traduction et/ou raisonnement strictement centré sur les moyennes et prolongations tendancielles comme beaucoup d'études conçues au siècle dernier, lorsque les simulations numériques étaient encore primitives. Mars reste la seule destination d'urgence possible pour quelques décennies encore. De très grands projets lui sont dévolus. Pour autant, la planète ne sera pas un port de transit car sa gravité est trop forte. Par contre, c'est un précieux puit gravitationnel pour y installer quelques vaisseaux en orbite bien que cette position les destine à en desservir la surface plutôt que les astéroïdes voisins mais éloignés en termes de delta-V.
Les solutions de fortune qui consistent à y construire des "villes sous cloche" ne permettent que de profiter d'une gravité planétaire égale au tiers de celle de la Terre, insuffisante pour maintenir ses habitants en bonne santé.
En outre, une exploitation des astéroïdes conduirait immanquablement à l'installation de bases martiennes sur le modèle des bases antarctiques sur Terre. L'étude de la géologie et la recherche de vie seraient leurs missions naturelles. Faut-il dès lors en faire un préalable à l'installation d'un habitat spatial ?
Ne peut-on pas sauter l'étape martienne pour mieux y revenir quand un habitat transmartien, doté de ports et de ressources industrielles, sera en place?
Le roman suggère cette voie mais au regard des investissements, il serait imprudent de prétendre influer sur le cours de la conquête martienne. La fabrication de vaisseaux géants n'a aucun précédent dans l'histoire scientifique et s'accommode mieux d'une colonisation de la Lune, où les matériaux de construction sont bien plus faciles à exporter.
La faible gravité lunaire permet en effet de
satelliser des containers métalliques mis en orbite par des canons
magnétiques alimentés par de l'électricité issue de panneaux solaires.
Or, des canons magnétiques sont justement en cours de déploiement dans
l'US Navy avec des performances impressionnantes : Les projectiles
sont propulsés à 5 km/s
au niveau de la mer alors que 1.72
km/s
suffisent pour s'extraire du sol lunaire vers l'orbite
où aucune atmosphère ne peut contrarier l'opération.
De plus, contrairement aux géocroiseurs, la Lune restera captive à une seconde-lumière de la Terre. Les robots peuvent y être pilotés par des humains au sol alors que les géocroiseurs s'éloignent à plusieurs minutes lumière, là où tout pilotage à distance est impossible. Seule l'intelligence artificielle peut prendre le relais à ces distances. Sans doute l'IA fera-t-elle sauter le verrou de la distance lumière avant les autres mais pour l'heure, les choix de "grande" conquête spatiale se résument à "Lune ou Mars".
Les astéroïdes sont considérés comme accessoires bien qu'ils fassent l'objet de missions de retour d'échantillons (Hayabusa - Japon - UE), d'exploration (Dawn - USA) et de cibles prioritaires pour les companies privées. Le projet récent de station orbitale lunaire annoncé par les Etats-Unis va dans le même sens et le lanceur lourd SLS américain pourrait bien mettre les vaisseaux géants au sommet des priorités d'ici une dizaine d'années.
Qui vivra verra.